Kelly Craft, ambassadeur des États-Unis à l’ONU ; Cynthia Kierscht, sous-secrétaire d’État adjointe ; et David Hale, le numéro 3 du Département d’État, sont les trois officiels américains qui ont visité Haïti ces deux dernières semaines dans le but de trouver une solution à la crise politique qui secoue le pays depuis plus d’un an. Après avoir rencontré le chef de l’État ce vendredi 6 décembre, David Hale s’est entretenu avec les leaders politiques Pacha Vorbe (Fanmi Lavalas), Youri Latortue (Alternative consensuelle), Liné Balthazard (PHTK), Rosemond Pradel (Fusion-Mache Kontre), Bernard Craan (Passerelle), Éric Jean-Baptiste (RDNP) et le sénateur Joseph Lambert. « La position de Fanmi Lavalas n’a pa changé. Nous continuons d’exiger la démission de Jovenel Moïse », a rapporté au Nouvelliste Pacha Vorbe à l’issue de la rencontre avec David Hale. « Nous ne sommes pas pour une solution cosmétique. Il nous faut une solution définitive qui puisse créer un climat de stabilité pour aller aux élections libres, honnêtes, crédibles et participatives dans deux ou trois ans. Nous avons clairement fait comprendre à M. Hale que Jovenel Moïse doit démissionner », a indiqué Pacha Vorbe. Le membre du directoire de Fanmi Lavalas a fait savoir que son parti a écarté toute possibilité de dialoguer avec le chef de l’État, encore moins de faire partie d’un éventuel gouvernement comme solution à la crise. Au cours de la rencontre, a précisé M. Vorbe, l’officiel américain a exprimé ses inquiétudes face à la situation de crise qui perdure dans le pays. Rosemond Pradel, qui représentait le regroupement politique «Mache kontre» à la rencontre avec David Hale, a rapporté au Nouvelliste : « Nous sommes restés attachés à l’Accord de Marriott. Il n’y a pas de dialogue possible avec le président de la République. Il n’a aucune crédibilité. Il ne peut pas faire partie de la solution. Il doit démissionner… » M. Pradel a précisé que cette nouvelle rencontre avec David Hale n’était pas différente des autres rencontres avec les officiels américains. Le secrétaire général de la Fusion estime que l’international peut toujours jouer le rôle de pont entre l’opposition et Jovenel Moïse dans le cadre la formation d’un gouvernement de transition et la démission du chef de l’État. Liné Balthazard, le président du PHTK, le parti du président de la République, a soutenu l’autre position lors de cette rencontre avec le numéro 3 du Département d’État. « Un président élu doit terminer son mandat. On doit aller vers un accord politique qui inclut le président, a-t-il rappelé. Cette nouvelle rencontre avec un membre du gouvernement n’est pas un échec. On est maintenant plus proche d’un dialogue. » Avant la rencontre avec les responsables de partis politiques et Bernard Craan de la Passerelle, David Hale s’était entretenu avec le président de la République. « Les initiatives pour trouver une solution concertée à la crise se multiplient. Aujourd’hui, je me suis entretenu avec le sous-secrétaire d’État aux Affaires politiques, David Hale, à qui je réaffirme ma volonté de dialoguer avec tous les secteurs pour que la paix revienne en Haïti », a écrit Jovenel Moïse sur son compte Twitter. L’ambassade américaine a rapporté sur son compte Twitter : « Au cours de sa rencontre avec @moisejovenel, le sous-secrétaire d’État Hale a souligné la nécessité de donner aux Haïtiens un gouvernement fonctionnel et un avenir plus prospère. Les leaders doivent travailler ensemble pour protéger les droits humains et combattre la corruption. »

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In this July 17, 2019, photo, President Donald Trump arrives to speak at a campaign rally at Williams Arena in Greenville, N.C. (AP Photo/Carolyn Kaster)

Donald Trump s’en est pris vendredi soir à la Banque mondiale sur Twitter, reprochant à l’institution financière internationale de prêter de l’argent à la Chine.

“Pourquoi la Banque mondiale prête-t-elle de l’argent à la Chine ? Comment cela peut-il être possible ? La Chine a plein d’argent, et quand ils n’en ont pas ils le créent. STOP!”, s’est indigné M. Trump.

Le président américain a ainsi réitéré une position défendue de longue date par son administration, y compris par David Malpass — l’actuel président de la Banque élu en avril de cette année — quand il était responsable des affaires internationales au Trésor américain, jusqu’à son élection à la tête de la Banque.

Le président amplifie le message de son secrétaire au Trésor, Steven Mnuchin.

Ce dernier avait indiqué jeudi devant une commission de la Chambre des représentants que les Etats-Unis avaient exprimé leur “objection au programme” pluriannuel de prêts et de projets de la Banque mondiale en Chine.

Ce dernier a néanmoins été adopté jeudi. Il prévoit de réduire les montants des prêts à la Chine qui seront aussi plus sélectifs sur la période 2020 – 2025.

Ce programme “est le reflet de l’évolution de notre relation avec la Chine”, avait souligné jeudi Martin Raiser, le directeur Chine de la Banque, dans un communiqué. “Notre engagement sera de plus en plus sélectif”, avait-il ajouté.

Mais cette réduction ne suffit pas à Washington, dont l’argument est simple: la deuxième économie mondiale est assez riche pour se financer toute seule et ne pas dépendre de prêts de la Banque mondiale, qui est censée apporter des ressources financières aux pays plus pauvres.

Mais la prise de position très publique du président arrive aussi en pleines négociations avec Pékin pour tenter de mettre fin à la guerre commerciale déclenchée il y a 18 mois par le président américain. Il entend forcer la Chine à faire des concessions en matière de protection des entreprises américaines dans le pays, et réduire le fort excédent commercial avec Washington.

Une grande incertitude règne sur la date d’un éventuel accord partiel, pourtant annoncé comme imminent par M. Trump en octobre mais qui semble tarder à se concrétiser

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